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Le restaurant Madrid a ouvert ses portes il y a plus de cinquante-cinq ans. À l’origine, il portait le nom de Moulin Rouge et c’était à la fois un restaurant, une épicerie ainsi qu’une salle de danse. D’ailleurs, beaucoup de couples de la région se sont rencontrés lors des danses du samedi soir et très souvent, c’est au Moulin Rouge qu’avait lieu la réception de leur mariage.

Après Expo 67, le Moulin Rouge fut la proie d’un violent incendie qui ne laissa que des ruines. Le propriétaire de l’époque voyageait beaucoup et comme il affectionnait particulièrement l’Espagne, il fit reconstruire en s’inspirant de la mode espagnole qui gagnait le Québec - vous vous souvenez des années 70 où tout le monde avait un sofa, des chaises ou un tableau de style espagnol à la maison?

C’est avec la construction de l’autoroute que le Madrid devint une « institution » comme bien des gens aiment le dire. En effet, une sortie d’autoroute fut spécialement aménagée et le Madrid ne vit jamais poindre l’ombre de l’expropriation. Enfant, je me souviens encore de l’impression que le Madrid me donnait quand nous passions devant pour aller à Drummondville, j’y voyais un véritable château avec de valeureux chevaliers et des princesses à sauver!

En 1987, mon père Richard Arel et ma mère Ginette Smith sont arrivés au Madrid avec l’espoir de relever cette entreprise qui était menacée par la faillite.

Mon frère, Christian, ma sœur Marie-Josée et moi-même, Julie, gardons en mémoire la promesse de notre père : faire du Madrid l’arrêt numéro 1 sur l’autoroute 20.

Pour attirer de nouveaux clients, Richard décida d’exposer ses «monster trucks» uniques au pays. Après quelques mois, l’impact était visible puisque le chiffre d’affaires augmentait sans cesse. En 1994, un homme proposa à Richard de s’associer à lui dans un projet vraiment inusité : fabriquer plus de 100 répliques de dinosaures afin de tenir des expositions un peu partout au Québec. Parce qu’il est un visionnaire, mon père accepta de relever ce défi!

C’est ainsi qu’après avoir voyagé dans différentes villes, les dinosaures trouvèrent refuge au Madrid, pour la joie des milliers d’enfants qui viennent les admirer chaque année.

En 2002, moi (Julie, la petite dernière) et mon mari Daniel Paulin (un gars du Nouveau-Brunswick) avons décidé de prendre la relève du restaurant avec nos deux enfants : Daphnée et Étienne. Notre défi à nous consiste à faire croître cette entreprise solide qui est un partenaire important dans le développement économique de la région.

Nous sommes fiers de notre réussite et nous vous remercions de faire du rêve de mon père une réalité... car nous osons croire qu’entre Québec et Montréal, le Madrid est devenu l’arrêt numéro 1 sur la 20!

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